Les "autres" string machines

Si les constructeurs européens ont plus ou moins décliné la même technologie basée sur les mêmes composants (un orgue + un triple ou double chorus avec des BBD TCA350); les autres fabricants - notamment japonais- ont choisis d’autres composants pour le chorus,  voire carrément une autre approche comme korg. Le résultat étant des machines au son plus ou moins éloigné du Solina mais tout aussi intéressant musicalement car il reste chaud et typiquement analogique.

ARP Omni (1976) : Le best seller d’ARP est un combiné Strings, Bass, Synthé. La partie synthé (basée sur le principe du diviseur d’octave) bénéficie du fameux filtre 4075 (celui du 2600 et de l’Odyssey MK2). Le triple chorus de la section strings utilise 3 BBD MN3002 ; le son est moins large que sur le Solina (quoique bien épais quand même...) mais plus « brut » que sur les Roland RS (plus américain donc…). La version MK2 (1978) utilise des BBD SAD1024. 

Joy Division: Love Will Tear Us Apart 

New Order: Blue Monday

Kraftwerk: Trans Europe Express

Mannfred Mann: chance

Korg PE-2000 (1976): Le « Polyphonic Ensemble » se distingue par le fait que le son de string est produit par 3 oscillateurs au lieu d'un chorus ; il est donc très éloigné du Solina. Mais le PE a une botte secrète: il dispose d’un merveilleux phasing intégré (façon small stone) qui permet de sortir des nappes  « cosmiques » du plus bel effet et il fut très utilisé pour ça….

Tangerine Dream : Edgar Froese l’adopte fin seventies ; on l’entend très clairement dans les concerts de 1980 notamment celui de Berlin.

Tim blake : Crystal Machine et New jerulasem

Les Rockets : l’album On the road again

Jarre : La reprise finale d’Equinoxe 8 est jouée au PE-2000.

Kim Wilde : J’ignore si la nappe de Cambodia provient du PE2000 mais c’est tout à fait ce son là…

Kitaro : idem pour les nappes des premiers albums du Vangelis japonais (Astral voyage, Silk Road…).

Roland RS-202 (1976) : Un combiné Strings/ Brass dont le triple chorus utilise des BBD MN3002. 

Roland RS-505 (1978) : Très proche du précédent (3x BBD MN3002). Les Roland ont bonne réputation; le son est plus doux (plus passe partout) que le Solina et consorts qui sont plus "bruts" ou agressifs... C'est un peu le même constat que pour les synthés: les Roland sont toujours plus discrets que les américains (prophet, obx...).

MK1
MK1
MK2
MK2

Roland VP-330 (1979): Initialement, le « Vocal processor » est déjà un très bon vocodeur (trés chaud) abondamment utilisé en pop et en rock prog… Mais Roland a eu la bonne idée d’y intégrer un triple chorus qui permet à l’appareil de produire des strings et des choirs synthétiques de toute beauté. Il y a eu 2 versions : le MK1 avec un chorus Reticon et le MK2 avec un chorus Panasonic. Le VP trouve naturellement sa place chez les grands amateurs de Solina qu’il évince souvent : Le prototype de l'appareil a été massivement utilisé par Ryuichi Sakamoto dés les premiers albums de YMO (qui a eu aussi la primeur de la TR-808...); Mike Oldfield l’a beaucoup utilisé de QE2 à Five miles out et dans ses tournées de 1980 à 1982 (joué par Tim Cross), mais c’est surtout Vangelis qui en fera son instrument à cordes fétiche (Blade runner, Chariots of fire, etc…) et Kitaro aussi. Par rapport au Solina, le son est plus doux, sucré (donc plus discret…) mais possède une largeur et une chaleur indéniable comme pour les RS.

Yamaha SS-30 (1977) : Relativement méconnu, le Yam a pourtant bonne réputation auprés de ses utilisateurs. L’ayant personnellement testé dans un magasin parisien; le son de string est effectivement à la hauteur des meilleures strings machines, large et crémeux à souhait, sans être aussi warm et typé que le Solina. Utilisé par Midge Ure d’Ultravox (tout porte à croire que c'est celui de Fade to grey, la classe!).